Un logement identique ne donne pas accès aux mêmes aides selon la commune où il se trouve. À revenus égaux, un foyer peut obtenir un prêt à taux zéro dans une ville, mais pas dans la commune voisine. Les critères de zonage appliqués par l’État changent régulièrement et réservent parfois des surprises, en excluant certains territoires en tension et en incluant des secteurs moins attendus.Le classement des zones pour le PTZ a été actualisé pour 2025 et 2026, modifiant la carte de l’éligibilité. Les conditions d’accès au dispositif varient selon la localisation précise du bien, impactant directement le financement des projets immobiliers.
Le prêt à taux zéro : à quoi sert-il vraiment et pour qui ?
Le prêt à taux zéro (PTZ) s’adresse principalement aux primo-accédants, autrement dit à ceux qui, depuis au moins deux ans, n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale. Le principe demeure simple : la banque complète un crédit immobilier classique par un prêt dont les intérêts sont entièrement pris en charge par l’État. L’objectif est double : soutenir les ménages dont la trésorerie limite l’accès à l’achat, mais aussi dynamiser certaines zones où l’accès au logement se révèle plus ardu.
Le PTZ se limite toujours à l’achat ou à la construction de la résidence principale. L’investissement locatif est exclu de ce dispositif. Plusieurs types de biens sont éligibles :
- Logement neuf, accessible partout sur le territoire,
- Logement ancien avec travaux lourds uniquement pour les zones B2 et C,
- Logement social racheté par son occupant,
- Ou bien projet mené dans le cadre d’un Bail Réel Solidaire (BRS).
Voici les différentes options qui permettent d’ouvrir droit au PTZ :
Certains achats profitent aussi du PTZ s’ils bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, rendant l’accession à la propriété un peu plus accessible à certaines familles.
Il faut rappeler que le PTZ ne couvre pas tous les frais liés à l’acquisition : notaire, mobilier ou enregistrement restent à la charge de l’acheteur. Par ailleurs, seuls le prix du logement et les éventuels travaux entrent dans le calcul du prêt. Le dispositif peut se cumuler avec d’autres aides comme MaPrimeRénov’ ou le prêt d’accession sociale (PAS), parfois même une aide locale. L’État soutient ainsi un projet, mais rien n’est automatique : chaque banque garde la main sur l’acceptation du dossier. Pour de nombreux ménages, ce coup de pouce peut transformer un rêve en projet, même lorsque le contexte immobilier devient plus exigeant.
Zones éligibles au PTZ en 2025 et 2026 : la carte à connaître avant de se lancer
Le découpage du pays en zones PTZ joue un rôle central. Ce zonage, régulièrement mis à jour par l’État, classe chaque commune selon le degré de pression immobilière. Les zones A bis, A et B1 rassemblent les territoires où la demande est la plus vive et les prix parmi les plus hauts : Paris, la proche banlieue, plusieurs métropoles comme Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Lille, Nantes, Rennes, sans oublier certains lieux très convoités sur la Côte d’Azur.
Autour de ces centres, la zone B2 cible surtout les villes moyennes, les agglomérations secondaires et quelques secteurs corses. Quant à la zone C, c’est la tranche la plus large du territoire, composée majoritairement de petites villes et de ruralité. Ce découpage provient à l’origine du dispositif Robien, mais la carte évolue régulièrement pour mieux s’adapter à la géographie du marché de l’immobilier. Là où la pression persiste, l’aide publique s’avère généralement plus généreuse.
Aussi, il est indispensable de regarder le classement de sa commune avant de bâtir un plan de financement. Selon la zone, les montants de PTZ, les plafonds à ne pas dépasser et la part du projet couverte changent sensiblement. Dans les secteurs les plus recherchés, le dispositif favorise nettement les primo-accédants. Les zones moins convoitées, elles, valorisent plutôt l’ancien avec travaux ou la rénovation des centres.
Rien n’est figé : une commune peut voir basculer son classement d’une année sur l’autre, au gré des réformes ou des révisions de la carte. Restez attentif aux évolutions récentes avant de vous engager : ce détail transforme parfois une simulation en dossier accepté.
Quels critères d’éligibilité selon votre zone ? Les points à vérifier pour ne pas passer à côté du PTZ
Chaque zone PTZ obéit à des règles spécifiques qui pèsent concrètement sur le déroulement d’un achat immobilier. Il faut repérer précisément la zone de la commune ciblée, puis se pencher sur quelques critères-clés : plafond de ressources, plafond de prêt, et type de logement visé.
- Zones A bis, A et B1 : les plafonds de revenus sont plus souples, la part du projet financée par le PTZ atteint jusqu’à 50 % pour les foyers modestes. L’accent demeure sur le neuf, mais la reprise d’un logement social ou un achat via Bail Réel Solidaire reste possible.
- Zones B2 et C : la part financée se limite à 20 % du prix pour le neuf, mais monte jusqu’à 40 % si l’on achète de l’ancien avec des travaux d’ampleur. Les plafonds de ressources sont abaissés et la taille du foyer devient encore plus déterminante.
Voici comment les règles varient selon le zonage :
Le montant du PTZ dépend de quatre paramètres : la zone géographique, le nombre d’occupants, le type de logement et le prix global de l’opération. La durée de remboursement varie selon la situation financière et la localisation. Pour y prétendre, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser un seuil fixé par la commune cible.
C’est souvent ce découpage qui oriente l’issue du projet. Un passage de quelques kilomètres entre deux communes et le dossier bascule, d’ouvert à refusé, ou inversement. Pour certains, tout se joue sur ce curseur géographique.
PTZ et financement immobilier : ce que ça change concrètement pour votre projet
Le prêt à taux zéro n’est pas qu’une cerise sur le gâteau. Il rééquilibre de fond en comble la structuration d’un dossier de financement. Il rend possible un achat qui, sans cette aide, resterait hors de portée. Ce prêt sans intérêts garanti par l’État s’additionne à l’emprunt bancaire classique, et c’est souvent ce surcroît, partiel mais substantiel, qui signe la concrétisation du projet.
Très concrètement, le PTZ couvre une fraction de l’achat d’une résidence principale : jusqu’à la moitié en zone tendue, 40 % dans l’ancien avec travaux, à condition d’être en B2 ou en C. Son montant s’ajuste à la zone, à la taille du foyer, au coût final de l’acquisition, et au type de bien choisi. Les frais comme ceux de notaire, de mobilier ou d’enregistrement restent toujours à part, quels que soient la commune ou le montage financier.
La force du dispositif, c’est sa capacité à se combiner avec d’autres aides : MaPrimeRénov’, prêt d’accession sociale, TVA réduite, Bail Réel Solidaire… L’accumulation de ces leviers, dans le respect des conditions de chaque zone, permet parfois d’acheter mieux, plus grand, ou d’intégrer une rénovation ambitieuse au projet.
En résumé : tout commence par l’analyse du zonage. L’ambition, la faisabilité et l’ampleur du montage dépendent avant tout de cette carte. Il reste donc indispensable d’étudier en amont la localisation du futur logement, la nature exacte de l’opération, et de mesurer l’impact du dispositif sur la capacité d’emprunt. Parfois, quelques rues d’écart suffisent à passer du souhait à la remise des clés. Voilà ce que le PTZ continue de redistribuer, au fil des nouveaux classements et des projets.

